vendredi 7 octobre 2011

Des Adieux pathétiques

De grosse vache qu’elle était, Brunelda est devenue encore plus grosse, mais beaucoup moins vache. J’ai l’impression d’avoir réussi à rendre attachant ce personnage au départ grotesque et antipathique. Enfin, le lecteur pourra en juger lorsqu’il aura entre les mains l’album terminé. Les personnages sont plus intéressants lorsqu’ils ne font pas exactement ce qu’on attend d’eux. Je crois aussi que la caricature la plus acerbe, la plus cruelle, doit toujours comporter une part de tendresse. Toujours.

En tout cas, moi, je me suis attaché à cette Brunelda et c’est même avec une certaine émotion que j’ai dessiné sa sortie de scène. On se souviendra peut-être que Karl, à bout de ressources, ne pouvant plus prendre soin de Brunelda impotente, a dû se résoudre à la placer dans un inquiétant hospice appelé Entreprise 25.

On lui remet en échange une petite somme d’argent (trente deniers ?), qu’il refuse tout d’abord, puis finit par accepter, sous l’insistance de Brunelda, qui se sacrifie ainsi pour qu’il puisse reprendre sa liberté et avoir une chance de vivre sa vie.

Brunelda est un personnage pathétique, au sens noble du terme.

J’ai cherché à communiquer dans cette ultime apparition de Brunelda une émotion semblable à celle de l’Orpheline de Delacroix. Chose pas évidente : son modèle à lui ne pesait pas 400 livres.


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