mardi 1 février 2011

In Memoriam

Le 13 janvier dernier, l’un de mes étudiants à l’UQO, Marc-Olivier Lavertu, finissant au bac en bande dessinée, succombait brusquement et sans avertissement à un arrêt cardiaque, à l’âge de 27 ans.

Je ne suis pas très doué pour les oraisons funèbres.

Pour lui rendre hommage, nous, ses collègues et ses professeurs, avons décidé d’un commun accord, de mener à terme le projet de BD qu’il devait produire et publier lors de sa session finale. Comme il avait, quelques jours à peine avant de mourir, fait table rase de ses plans initiaux pour repartir à neuf, ce qu’il a laissé de son projet se résume à quelques notes et croquis rapidement jetés sur le papier. Tout est forcément embryonnaire, mais néanmoins déjà structuré et bien établi, d’autant plus qu’il avait eu le temps de nous expliquer ce qu’il avait en tête.

Il s’agit d’une histoire de science-fiction en 13 pages, à la fois poétique et loufoque, qui devait s’intituler (et qui s’intitule toujours) «Les Scouts de l’Espace». C’est un projet collectif, auquel toute la classe a accepté de contribuer. Sachant que les étudiants seront débordés en fin de session et que les meilleures intentions restent parfois lettre morte, j’ai pensé qu’il fallait s’atteler à la tâche sans plus tarder et donner le coup d’envoi. Mon collègue Sylvain Lemay a d’abord reconstitué le scénario à partir des notes de MarcO et j’ai commencé à produire les crayonnés préliminaires. Les étudiants prendront ensuite le relais pour finaliser les crayonnés, les encrer, les lettrer, les mettre en couleurs et compléter le travail d’édition. Les différences de styles devraient rester perceptibles, mais on cherchera à unifier l’ensemble.

À ce jour, j’ai dessiné les six premières pages, sous formes d’esquisses détaillées (ou de crayonnés sommaires, c’est selon). J’en montre ici les page 2 et 6, accompagnées des croquis de MarcO. J’espère avoir été fidèle en les interprétant.





mercredi 19 janvier 2011

Pas de doute, c'est une fanfare

Mai 87. Ma blonde et moi sommes assis sur nos sacs à dos, attendant le traversier, au milieu de la place à Olbia, en Sardaigne. C’est un dimanche après-midi, la piazza est déserte et la ville silencieuse.

Tout à coup, nous entendons, indistinctement d’abord, puis de plus en plus fort, des sons de cuivres et de tambours : pas de doute, c’est une fanfare qui approche. Comme nous la voyons apparaître au bout de la rue, nous entendons, provenant d’une autre direction, les sons d’une seconde fanfare, puis d’une autre, et d’une autre encore. Les gens commencent à affluer et les fanfares apparaissent de partout, convergeant dans une totale cacophonie vers la piazza où nous sommes assis. Bientôt, nous sommes littéralement entourés de bannières et de musiciens en uniformes colorés jouant tous en même temps.

C’était sans doute une sorte de festival, de rassemblement des fanfares de la région, je ne l’ai jamais su. Mais je me suis plu à imaginer que la population d’Olbia avait organisé pour nous un comité d’accueil.

C’est un peu l’ambiance que j’ai cherché à traduire dans ce dessin, en transposant légèrement : le jour devient le soir et la petite ville sarde un faubourg new-yorkais.

jeudi 6 janvier 2011

Animaleries

De Krazy Kat à Maus, en passant par Chlorophylle, Picsou, Fritz the Cat et tant d’autres, la bande dessinée animalière m’a toujours fasciné (je ne suis pas un fan de Blacksad, mais je dois reconnaître que c’est aussi du beau boulot). Le genre ne s’adresse pas exclusivement aux enfants et ses possibilités sont infinies. Et je ne parle pas des ses applications en dessin animé.

Je me dis depuis longtemps que je devrais m’y mettre un jour. En attendant, je me suis livré à un petit exercice consistant à transposer sous une forme animale les principaux personnages de L’Amérique ou le Disparu.






En attribuant un animal à chacun des personnages, je me suis demandé si les membres d’une même famille devaient obligatoirement appartenir à la même espèce. Considérant que l’animal choisi a plutôt valeur de symbole, de totem, j’ai conclu que la chose n’était pas nécessaire. Ainsi, j’ai représenté Karl sous l’aspect d’un hamster et son oncle sous celui d’un raton laveur. Pollunder est un phoque, tandis que sa fille Clara est une chatte.

Rien à voir avec la génétique.

dimanche 2 janvier 2011

月見草油

En parcourant les archives de mon blog, je suis tombé sur ce commentaire datant de juin 2009 :

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C'est peut-être du japonais ou bien du chinois, les deux langues utilisant les mêmes
caractères. Je ne saurais faire la différence. Impossible de retracer l'expéditeur, un(e)
certain(e) Disa. On ne sait jamais, c'est peut-être important.
Est-ce que par hasard quelqu'un pourrait me le traduire ?

dimanche 26 décembre 2010

Sfumato

Il y a plus d’une façon de concilier ligne claire et perspective atmosphérique dans une case de BD. Les lignes noires de l’arrière-plan peuvent, tout en conservant leur netteté, être reproduites en gris plus ou moins foncé, donnant ainsi une certaine profondeur à l’image. C’est un effet très simple, facile à obtenir sur Photoshop. Je l’ai souvent utilisé pour des images couleur (voir sur ce blog : Fond de tiroir, 21 juillet 2010). Si je décide d’adopter le système pour l’album, il faudrait que je l’applique à une cinquantaine de cases ici et là. C’est un peu de travail, mais au point où j’en suis ...

Reste à voir si c’est l’effet que je veux. Le réalisme photographique n’a jamais été mon but.

mardi 14 décembre 2010

Less is more

Encore un exercice de style : dans la série «ce que je ne ferai pas», je me suis amusé à redessiner la page 1 de l’album (plus deux cases de la page 2) dans un style minimaliste, qui n’est pas sans rappeler les cases façon dessin d’enfant que j’avais intégrées aux pages 66 et 67 (voir sur le blog : « À l’hôtel Occidental», 4 avril 2009).

J’ai simplement numérisé et ajusté les contrastes du crayonné réalisé au format d’impression. J’aime bien ce que ça donne : avec un dessin hyper-économique, j’arrive à passer toute l’information nécessaire au récit. Pourquoi pas après tout ? Il y a d’excellents dessinateurs de BD qui pratiquent ce style minimaliste avec beaucoup de succès.

Qu’on se rassure : je n’ai pas l’intention de pousser l’expérience plus loin. Mon projet sous sa forme actuelle est déjà rendu trop loin. Quoique ...

Il me reste une quarantaine de pages à dessiner. À raison de vingt heures par page pour le crayonné, l’encrage et les gris, j’en ai encore pour 800 heures environ. Si j’adoptais le style minimaliste, chaque page me demandant deux heures de travail, j’en aurais pour un peu plus de 300 heures à dessiner les 158 pages de l’album complet. Reste à voir ce que je ferais de ces 500 heures ainsi gagnées ...

Pour comparer, j’inclus ici les six cases correspondantes de la version «maxi».


samedi 11 décembre 2010

Encore une bagarre

« ... dans un accès de fureur hors de toute proportion avec l’occasion de cette colère, Delamarche avait bondi sur lui tandis que la cordelière de sa robe de chambre se dénouait et décrivait une grande courbe dans l’air. Karl eut tout juste le temps de s’effacer... »

Franz Kafka, L’Amérique, traduction Alexandre Vialatte.